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Au Honduras, la défense de l’eau est un devoir patriotique

by Water (Maj Fiil) last modified 2007-12-13 15:55


Erasto Reyes, Réseau VIDA/ Bloc populaire/SPS, Honduras
Mars 2006

L’inégalité de la distribution de l’eau au Honduras est une charge portée par les plus pauvres – les gens dont les politiciens ne se souviennent que lorsqu’ils recherchent leurs votes. Dans les ménages les plus pauvres, c’est un combat quotidien de ramener de l’eau pour les besoins les plus fondamentaux du foyer.

Dans les quartiers pauvres de Tegucigalpa, San Pedro Sula et Progreso comme dans d’autres villes, les familles s’endettent juste pour payer l’eau. Les pauvres achètent l’eau aux vendeurs de rue à un prix prohibitif. Les vendeurs d‘eau s’approvisionnent dans les robinets de SANAA, le principal service de distribution de la ville, que leur vend l’eau à  2.5 centimes de monnaie du Honduras le gallon. Ils approvisionnent près de 100 quartiers dans les zones défavorisées de la ville où les ménages n’ont pas l’eau courante à cause de difficultés pour installer les tuyaux dans des zones très pentues où sont les bidonvilles. 500,000 personnes habitent dans ces conditions difficiles et ils investissent une grande partie de leur revenu dans l’eau.

A cause du manque de régulation, les vendeurs d’eau peuvent demander le prix qu’ils veulent. Dans certains quartiers, ils vendent un tonneau d’eau salée pour 13 lempiras et un tonneau d’eau non-salée pour 15 lempiras (presque un dollar). C’est un mode d’approvisionnement très inefficace et ce sont les plus pauvres qui doivent en faire les frais à cause des manquements de la SANAA. Les habitants de ces quartiers disent que souvent, ils doivent choisir entre acheter de l’eau ou acheter de la nourriture. 

Les engagements de prêt de l‘IDB et la privatisation des services


Pour les habitants de San Pedro, la Phase I du Programme de Développement Municipal de la Banque Inter-Américaine de Développement (IDB) a signifié la privatisation de l’eau en 2000 et du service des déchets fin 2005. En ce moment, nous luttons pour empêcher le congrès national de ratifier le prêt de l’IDB car cela signifierait financer les dépenses des fonctionnaires de l’IDB. Cela signifie une dette de plus de 650 million de  lempiras (33 million de dollars) et le transfert du capital de la municipalité vers le secteur privé via la firme Aguas de San Pedro (ASP).

A San Pedro Sula, l’ASP et la municipalité ont “négotié” un contrat de concession pour gérer le service d’eau potable et de drainage derrière portes fermées. Le contrat vaut pour une période de 30 ans avec la possibilité de l’étendre pour 10 ans, ce qui permet à la firme d’atteindre un capital de plus de 1.6 million de lempiras (US$81,000). En plus, le contrat contient une série de clauses nocives comme des suppression d’emplois et la diminution du pouvoir des syndicats. De plus, le contrat protège l’ASP de l’inflation et des dévaluations avec des ajustements extraordinaires pour protéger les profits. Il autorise également l’ASP à augmenter le prix de l’eau de 20% la troisième année de la gestion, qui commence le 1 févier 2001.

Pour la population de San Pedro, la privatisation de l’eau a entrainé une baisse de la qualité du service, la contamination de l’eau, des prix élevés, une détérioration du drainage, la corruption et la violation de notre souveraineté et de la constitution nationale. Dans des quartiers comme Cofradía, El Ocotillo et Chamelecon, les habitants ont montré que l’eau était contaminée avec des matières fécales. De plus, l’ASP n’a pas étendu la couverture du réseau d’eau potable et des infrastructures sanitaires aux quartiers qui devaient être couverts avant le 1 février 2004. La privatisation a signifié que l’eau à San Pedro Sula n’est plus un bien public de caractère social, économique ou public; mais que seuls ceux qui payent y ont accès. Le mécontentement a grandi jusqu’à ce qu’on en vienne a appelé la firme SAN PEDRO ASSAUTS.

Les luttes populaires ne peuvent pas attendre et sont soutenues par les actions des habitants de Cofradía, Chamelecon, El Ocotillo, La Pradera, entres autres, des colonies, des villages, et des quartiers de San Pedro Sula. Ces populations condamnent la  privatisation et cherchent un moyen de rendre l’eau publique. Ils ont aussi pour but de renverser la tendance à la privatisation et de convertir les services en un système équitable de distribution.

L’eau n’est pas une marchandise – Non à la privatisation!

Vous pouvez contacter Erasto sur Erastoreyes@yahoo.es.

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